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samedi, octobre 11 2008

CFI partenaire du FESPACO 2009

Dans la perspective de la 21e édition du FESPACO, Jean Mino, Directeur Général de CFI et Michel Ouedraogo, Délégué Général du FESPACO ont signé, ce jeudi à Paris, un accord de partenariat. 2009, qui coïncide avec les 40 ans du FESPACO, sera également l’année des 20 ans de CFI. Pour célébrer ce double événement, CFI et le FESPACO ont décidé de mener des actions communes pendant la prochaine édition du plus grand festival du film africain. Du 27 février au 8 mars 2009, Ouagadougou sera la première escale de « CFI 20 ans », pour des opérations d’envergure : L’organisation d’une conférence qui réunira les professionnels de l’audiovisuel d’Europe et d’Afrique. Le parrainage de la catégorie « Télévision et Vidéo » de la sélection officielle du festival. La présentation d’une collection de portraits de cinéastes africains « Regards d’Afrique », dont la production a été soutenue par CFI. Et un atelier de formation à la réalisation d’une émission en direct sur le cinéma africain et le festival.

SOURCE :Afrik.com

La HACA reporte du 13 au 28 octobre de la date de dépôt des candidatures aux appels à concurrence

La Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (HACA) a décidé de reporter du 13 au 28 octobre la date de dépôt des dossiers de candidature aux appels à concurrence, lancés le 11 août dernier pour l'octroi de licences d'établissement et d'exploitation de services télévisuels et radiophoniques.

Cette décision intervient conformément aux dispositions des règlements organisant les appels à concurrence précités, après examen lors d'une réunion plénière tenue mercredi des demandes de prolongation du délai de dépôt des dossiers de candidature formulées par plusieurs porteurs de projets participant à ces appels, indique la HACA dans un communiqué parvenu à la MAP.

SOURCE : Al Bayane

mercredi, octobre 8 2008

Festival international du Film de Marrakech : Sous le signe des hommages

La huitième édition du Festival international du Film de Marrakech (Fifm), prévue du 14 au 22 novembre prochain, promet un plateau des plus relevés avec une attention toute particulière aux hommages, a-t-on indiqué dimanche de source autorisée. Nombre de cinématographies agrémenteront ce festival, qui a gagné en notoriété. Sont attendus 40 ans de cinéma britannique, La Russie d’Andrei Konchalovsky, 50 ans de cinéma marocain et Le meilleur du cinéaste égyptien, disparu récemment, Youssef Chahine, un des grands amis de cette rencontre internationale.

Les organisateurs feront la part belle au cinéma britannique via un hommage à son répertoire, avec en toile de fond, une rétrospective d’une quarantaine de films, qui reflètent le particularisme britannique. De la Russie, le Festival propose sept longs métrages du talentueux Andrei Konchalovsky, qui cristallise la Russie dans ses multiples dimensions, selon les critiques.

Quant au cinéma marocain, qui n’a commencé son parcours qu’en 1958, il sera également fêté en la personne du «père du septième art» marocain, Mohamed Osfour.

Youssef Chahine marquera, à titre posthume, le Festival de Marrakech, comme il l’a toujours marqué de son vivant, via onze de ses meilleures œuvres.

Écrit par Mouhamadou THIAM source : lequotidien.sn

vendredi, septembre 26 2008

HAGADAT AGADIR, Récit d’une ville détruite

"Hagadat Agadir, Récit d'une ville détruite" vient de paraître aux éditions Yad Ben Tsvi en collaboration avec l'Université hébraique de Jérusalem.

Le livre en hébreu (320 pages). Contient trois parties: la première (200 p.) relate une recherche historique, géographique, ethnique et culturelle de la ville d'Agadir, sa naissance, son développement, ses communautés, ses rêves et ses espoirs, sa destruction et sa renaissance. La seconde partie (100 p.) est une recherche ethnographique qui retrace le vécu de 13 rescapés et la troisième partie consiste en une liste partielle des sinistrés juifs de la catastrophe.

Extrait :

Temoignage de Regine Riboh, presidente du mouvement les anciens d'Agadir, regroupant des anciens d'Agadir, parmi lesquels de nombreux rescapés du tremblement de terre.

Aujourd'hui, alors que le souvenir nous rassemble ainsi que l'épreuve nous a uni, je voudrais commémorer et bénir la mémoire de nos chers disparus du tremblement de terre d'Agadir. Dans la nuit du vingt neuf février, Rosh Hodesh Adar (le premier jour du mois Adar), le troisième jour du Ramadan et la veille du Mardis gras, à 23h 40"14', la terre a tremblé au degré de 6,7 sur l'échelle de Richter. Douze secondes ont suffi pour effacer une ville entière et anéantir ses habitants. Douze à quinze mille personnes y ont perdu la vie. La plupart d'entre eux furent engloutis vivants. Vingt mille autres se retrouvèrent sans toit. La communauté juive qui comptait à peu près deux mille trois cents membres perdit mille cinq cents de ses fils.

Je suis née le premier août de l'année 1949 à Agadir, ville ensoleillée et lumineuse, ville estivale au sud Ouest du Maroc, qui s'étendait le long de l'océan atlantique. Le tampon de la poste témoignait : " 365 jours de soleil par an ". Le moindre nuage, aussi léger soit-il, n'embruma notre enfance protégée de tout mal. La côte de sable fin et transparent de la plage toute proche apparaissait à ma fenêtre. L'air pur, le mimosas fleuri, le calme et la tranquillité agrémentaient la vie et la teintèrent d'un sentiment de liberté permanente. Tous les jours nous descendions à la plage et plus d'une fois nous courions de retour pieds nus à la maison. Les membres de ma famille - mon père, ma mère, mes deux sœurs et mon petit frère - composaient tout mon univers. A l'âge de trois ans ma mère m'apprit à lire et à écrire, et à six ans M. Bensoussan, le directeur de l'Alliance Israélite m'accepta au cours élémentaire 1. Ainsi, à l'âge de dix ans je faisais partie de la classe de sixième du Lycée Youssef ben Tachfin.

Lundi 23 février 1960 à 12h15 la terre trembla quelques secondes. Certains ressentirent une secousse étrange, les autres ignorèrent l'événement. Une semaine plus tard, lundi 29, à 11h 45, encore une fois la terre bégaya, et de nouveau les opinions furent partagées. On raconta que certaines choses avaient bougé. Une table à thé s'était déplacée. Quelques fissures se firent remarquer au plafond. Je me rappelle que mon père, rentré de la banque qu'il dirigeait, raconta qu'il avait ressenti quelque chose de bizarre. Ce même jour il n'y avait pas classe. Les examens d'entrée des nouveaux inscrits en furent la cause. Comme de coutume, nous passâmes la journée à la plage. Ce fut un très beau jour d'été, à la fin du mois de février.

La nuit je me réveilla en sursaut dans un étrange tumulte de bruits étouffés et dans un sentiment de secouement. Aux alentours le noir de la nuit, et la voix de mon père qui appelait chacun des membres de notre famille. Les appels étaient saccadés, et tout de suite je compris que quelque chose de terrible s'était passé. Emprisonnée dans les décombres, je ne pouvais rien voir, mais je réussis tout doucement à bouger mes pieds et mes mains. Je jugeai que si jamais je bougeai, je risquai d'empirer ma situation. Mes longs cheveux étaient coincés et je ne pus tourner mon visage. Je me souviens d'une sensation de soif intense. Je répondis à mon père qui continuait à nous appeler, et je lui demandais de m'apporter de l'eau. Sa voix apaisante résonne encore dans mes oreilles. Bientôt il viendra m'abreuver. J'entendis ma mère, ma grande sœur et mon petit frère répondre quelque chose mais je ne perçus pas la voix de mon autre sœur. Encore une fois ces bruits étouffés et cette sensation de balancement !

L'éternité de vingt minutes s'acheva lorsqu'enfin je réussis, grâce à mes petites dimensions et ma malice de l'instant à me faufiler parmi les débris. A ma grande surprise, des gens, que je devinais dans le noir, m'interpellèrent et me poussaient à sauter. Rétrospectivement je pense avoir compris cette nuit là que je naquis dans un monde brisé.

J'étais la première des rescapés de ma famille. Léa, ma sœur aînée, et Moshe, mon petit frère, qui fut sorti des décombres enveloppé dans un tapis, me rejoignirent plus tard. Des soldats français nous menèrent à la base militaire, et tout le chemin j'aperçus à la lumière des phares des bâtiments cassés méconnaissables, des fissures parfois très larges sur la route. Je ne reconnaissais pas cette ville fantôme. Je compris que la terre avait ouvert largement sa bouche. C'était comme si j'avais jeté un coup d'œil dans le néant.

A la base militaire, transformé en hôpital provisoire, des centaines de blessés de tous degrés étaient couchés sur des lits de camps. Certains gémissaient, d'autres ne pouvaient même pas s'exprimer. J'avais l'impression que tout ce monde souffrait pèle mêle et qu'il était essentiel de mettre de l'ordre dans ce cauchemar. Je me souviens avoir tourné dans ce camp espérant rencontrer quelqu'un de connu : un voisin ou un ami de classe ou un copain de la rue. Étrangement je m'arrêtais à côté d'un brancard dans lequel gisait une pauvre fille. Elle était toute tordue et de sa bouche muette un filet de bave n'arrêtait de couler. Je ne reconnus pas ma pauvre sœur. Elle s'appelait Monique. Le lendemain, mardi, nous fûmes transportés à Casablanca par avion. La plupart des blessés étaient allongés sur des brancards et le peu de sièges était occupé par des secouristes. A la descente de l'avion, des soldats nous transportèrent dans leurs bras jusqu'aux locaux se l'hôpital et essayaient de nous poser des questions à propos notre nom, celui de nos parents, notre âge, notre adresse. Des journalistes prenaient des photos.

Mon petit frère, de deux ans plus jeune que moi, était blessé au bras gauche qu'une gangrène démangeait et sa tête bandée avait pris la forme d'une pastèque. Il eut besoin de longs soins intensifs d'un médecin français dont le nom m'est étranger et grâce à Dieu il fut sauvé. Que tous les médecins, les infirmiers, les soldats venus à notre secours trouvent un profond merci dans mon témoignage ! Quant à moi, j'étais relativement à peine blessée : une bosse au nez, une dent cassée et quelques égratignures. Nous nous sommes retrouvés, mon frère et moi, dans deux lits côte à côte dans le coin gauche d'une salle du service enfants et maternité. Depuis nous ne nous quittons pas (malgré que mon frère habite Los Angeles et moi Jérusalem). J'appris que ma sœur aînée se trouvait à l'étage inférieur et que son état n'était pas alarmant. Lorsque le lendemain, mercredi, je descendis la voir que ne fut grand mon étonnement en apercevant autour de son lit un tas de gens de moi inconnus qui pleuraient se lamentant. Je compris instinctivement que ma pauvre sœur Monique n'était plus. Que Dieu ait son âme !

Nous fûmes hospitalisés jusqu'au vendredi de cette même semaine. Plusieurs personnes nous rendirent visite. Nous reçûmes de petits cadeaux sensés d'apaiser notre douleur muette. Je me souviens d'un pasteur au visage doux et avenant. Nous croyant chrétiens il m'offrit un livre superbe que je garde et qui me suit dans toutes les péripéties de ma vie " La vie de Jeanne d'Arc ". L'image de cette sainte héroïne surgit dès l'ouverture des premières pages et son blanc visage fier et rayonnant est d'un réconfort sans égal. Une inconditionnelle de la foi ! Le pasteur nous expliqua calmement que nos parents étaient hospitalisés dans un autre hôpital, qu'il leur avait rendu visite et qu'il était prêt à leur porter nos messages. Je me souviens même avoir reçu une réponse à ma lettre expédiée en hâte. Nous reçûmes aussi la visite d'un monsieur fort bien habillé et de sa femme. Je ne le connaissais que de nom. Mon père nous parlait souvent de son grand-oncle, homme riche qui habitait Fés, Samuel Riboh. Il avait l'air inquiet et je compris très vite qu'il avait l'intention de nous prendre sous sa responsabilité. Il nous promit de nous amener voir nos parents avant de nous prendre chez lui. En effet, ce vendredi matin nous quittions l'hôpital, vêtus de robes de chambre et nous montions dans la voiture de notre oncle. Il y avait, à part ma grande sœur, mon frère et moi, une tante arrivée de Mogador. C'était ma tante Fiby que nous aimions et qui nous recevait tous les étés chez elle. Dehors tant de bousculades. Les gens se pressaient, les voitures hurlaient et tant de bâtiments debout ! Enfin nous allions retrouver papa et maman. Mais la voiture de mon oncle dévia et se dirigea vers la sortie de la ville. Ma tante s'écria " Tu nous as promis d'aller à l'hôpital ! ". Alors mon oncle lui répondit " Que veux-tu que je dise à Jacob ? Que sa fille est décédée ! ". C'est ainsi que nous quittâmes Casablanca en direction de Fés. Un long voyage fatiguant et éprouvant ! La mauvaise nouvelle du décés de papa nous atteint dès notre arrivée à la belle villa de notre oncle, à l'heure où rentrait le shabbat.

En août 1962 nous sommes montés en Israël et depuis 1975 j'ai planté ma tente à Jérusalem, ville éternelle. Trois de mes quatre enfants y sont nés. Mon dernier porte le nom de mon feu père, que Dieu ait son âme, et se nomme Yaacov-Shirel. Yaacov est le nom de mon père et le nom de notre père collectif, dont le nom fut changé par l'ange de Dieu et devint Israël. Du Rav Kook, dans son texte intitulé " La chanson carrée " (Orot Hakodesh, Lumières de la sainteté) j'appris que la vie de chaque homme, créature de Dieu est un chant à plusieurs dimensions. Le chant simple est celui de son âme ; en elle il trouve entière satisfaction... Parfois, émergeant du cercle restreint de son âme particulière, il aspire à d'autres hauteurs et s'unit d'amour à la collectivité d'Israël. Avec elle il pleure ses malheurs, chante ses louanges et aspire à un meilleur avenir. C'est le chant double… Parfois son âme s'étend jusqu'aux confins de l'humanité ; il consacre sa vie à un idéal humain et chante le chant triple, le chant de l'Homme… Le chant carré est celui du monde auquel il unit son destin… Mais lorsque toutes les voix sont à l'unisson et qu'elles montent en lui en chœur avec allégresse et sainteté donnant vie et espoir, il chante la chanson de Dieu, la chanson d'Israël, chant simple, chant double, chant triple, chant carré, cantique des cantiques du roi Salomon, du roi de la paix. En hébreu les mots Israël et Shirel qui veut dire chant de Dieu n'ont comme seule différence l'intercalation des deux premières lettres.

Et encore je demande à faire la relation évidente entre l'expérience fondamentale de mon enfance et celle académique de ces quinze dernières années pendant lesquelles je me suis penchée avec acharnement sur l'œuvre d'un écrivain hiérosolomytain, David Shahar, prix Médicis de 1983. Ce dernier, dont l'œuvre principale porte le nom évocateur "Le Palais des vases brisés " fut influencé, très tôt dans sa carrière, par la pensée de Rabbi Yitshak Louria, Haari Hakadoch né lui aussi à Jérusalem (1534-1572). Louria, précurseur de la kabbale, mystique juive, ainsi que Shahar s'occupent de notre monde cassé, un monde où rien n'est à sa place, même pas notre âme. L'image de la femme selon la vision lourianique dans l'œuvre de David Shahar ainsi que les paramètres féminins du " Tikkun Olam " soit de la restauration de l'ordre dans ce monde défait retinrent mon attention. Mes recherches menèrent à une thèse de doctorat dans laquelle j'exprime mes idées quant à la solitude féminine que je considère comme une réplique du " Tsimtsum " divin et qui fertilise la femme dans son intériorité et dans son imagination. Les aspects paradoxaux du personnage féminin reflètent la brisure des vases, plus exactement la dynamique controversable qui l'accompagnent. Le " Tikkun " est l'effort individuel, un acte de réparation du monde. Selon Louria, le " Tikkun " qui est le chemin aboutissant à la fin des temps est aussi celui qui mène à Bereshit, au commencement de tout. La doctrine de la " Geoula " soit de la délivrance est le retour de toute chose à son origine divine. Tout acte humain, spécialement l'acte religieux, la prière et l'intention par exemple, influence sur le processus du " Tikkun ". En un certain sens nous sommes les seuls responsables de notre destin. Cet effort de Sisyphe ne peut être produit que par l'homme ; en ce sens il remplit une mission bien au-delà de sa vie privée. Donc " Tout est prévu, mais l'homme jouit du libre arbitre " ! Je prie le ciel de nous accorder les qualités de cœur et la sagesse de l'esprit afin que nous puissions déceler dans ce monde défait le chemin du " Tikkun ".

Zurich Film Festival: la 4e édition

Le 4e Zurich Film Festival a débuté avec la projection du film allemand "Der Baader Meinhof Komplex". Seize films et huit documentaires sont en compétition. Le jury est présidé par l'acteur américain Peter Fonda.

Sylvester Stallone est l'invité vedette de la manifestation qui se déroule jusqu'au 5 octobre. Il recevra pendant le festival le "Golden Icon Award" pour l'ensemble de sa carrière. Le metteur en scène Costa-Gavras sera aussi récompensé pour son oeuvre.

Pour sa 4e édition, le festival met l'accent sur les jeunes réalisateurs et acteurs avec des films israéliens et allemands. Au total, plus de 70 films et documentaires sont projetés.

Le Zurich Film Festival a l'ambition de devenir l'un des plus importants festivals cinématographiques de Suisse et d'Europe. Il dispose cette année d'un budget de 3,5 millions de francs.

source : leMatin.ch

Entretien: Mohamed Habib Attia, producteur de Laïla’s Birthday du réalisateur palestinien Rashid Masharaoui :

Rencontre fructueuse» • «Une comédie dramatique et sarcastique réalisée dans l’urgence…» • Avant-première mondiale le 5 septembre à Toronto, en attendant les JCC Laïla’s Birthday est le nouveau long métrage du Palestinien Rashid Masharaoui dont l’avant-première mondiale est prévue le 5 septembre au festival international de Toronto (3-13 septembre) au Canada. Mohamed Habib Attia, producteur tunisien

Auteur-réalisateur de 22 films entre documentaires et fictions (Couvre-feu, Haïfa, Ticket pour Jérusalem et Attente), Masharaoui a réalisé son 5e long métrage Laïla’s Birthday ou L’anniversaire de Laïla dans l’urgence afin d’être présent sur la scène cinématographique internationale lors de l’anniversaire de La Nakba, soit les 60 ans de la création d’Israël, d’autant qu’à cette occasion, l’occupant a produit plusieurs films présents dans nombre de festivals internationaux.

Laïla’s Birthday est, en fait, une coproduction réalisée entre la Tunisie (Cinétéléfilms), La Hollande (Sweet Water Pictures) et la Palestine (Cinéma Production Center) avec la contribution de la société de distribution hollandaise «Fortissimo-Films» et dont le coût total est de 700.000 dinars. Une coproduction sélectionnée par nombre de festivals tels, outre «Toronto», «San Sebastian», «Tokyo», «Londres», «Rome», «Le Caire», «Abu-Dhabi» et, dans l’attente d’une réponse, éventuellement les Journées cinématographiques de Carthage (JCC).

Le producteur tunisien, Mohamed Habib Attia (Cinétéléfilms) nous a entretenus de cette production de 70 mn fond et forme confondus dont «l’originalité innovante, entre autres, du propos» les conditions de production, ainsi que les raisons qui l’ont incité au cofinancement de cette comédie-dramatique.

Comment le projet a-t-il vu le jour ?

C’est en juin 2007, lors d’une rencontre fortuite avec Rashid Masharaoui à La Rochelle en France, que le projet est né. Je connaissais très bien le réalisateur avec lequel j’ai essayé auparavant de coproduire un film, mais pour des raisons financières cela ne s’est pas concrétisé… A La Rochelle, il m’a parlé d’une histoire simple et poignante qui lui tenait à cœur et qu’il avait commencé à écrire lors d’un séjour à Ramallah, alors qu’il arrivait de Paris. Le film exprime un vœu: dire une fois pour toutes qu’aujourd’hui la vraie ambition du commun des Palestiniens est de vivre normalement en Palestine, comme partout ailleurs dans le monde, tout en s’offrant le luxe d’aimer, de haïr et, en l’occurrence, de pouvoir fêter normalement l’anniversaire de ses enfants.

Justement, qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir dans le projet?

C’est cette aspiration noble à une vie normale en Palestine qui m’a vraiment emballé. Ce qui m’a d’autant plus séduit, c’est que le réalisateur a construit une histoire simple qui coule de source. C’est l’histoire d’un juge campé par l’acteur palestinien Mohamed Bakri qui, pour arrondir ses fins de mois difficiles, est contraint de travailler comme chauffeur de taxi. Un matin, sa femme lui rappelle que c’est le jour du 7e anniversaire de leur fille, Laïla, et qu’il doit donc rentrer le soir assez tôt, à 20h00 précises, sans oublier d’acheter un gâteau et un cadeau pour la circonstance. Abou Laïla part donc avec l’idée de faire au mieux son travail et de retourner tôt à la maison. Mais la réalité en Palestine semble déjouer tout son programme Ce qui m’a vraiment attiré au-delà de l’anecdote c’est le discours franc, cru et sincère du réalisateur. Un discours vraiment proche de la réalité palestinienne d’aujourd’hui et un regard sarcastique qu’il promène sur le quotidien palestinien. C’est aussi un point de vue responsable et honnête sur les différentes parties du conflit israélo-palestinien aussi bien arabe qu’israélienne mais surtout palestinienne. D’où l’originalité du film, car ce n’est pas d’un nième opus palestinien qui verse dans le victimisme qu’il s’agit mais d’une position spécifiquement palestinienne consistant à dire qu’on pourrait et qu’on devrait pouvoir vivre normalement aujourd’hui en Palestine.

A quel moment la décision d’investir financièrement dans le film a été prise?

Une fois rentré de La Rochelle à Tunis, j’ai parlé de l’idée du scénario à mon père, feu Ahmed Bahaeddine Attia, alors patron de «Cinétéléfilms», il m’a tout de suite encouragé à coproduire le film en me disant : «Si tu perds de l’argent en produisant ce film, tu le regretteras pendant quelque temps, mais si tu ne le produis pas, tu le regretteras toute ta vie». J’ai alors demandé à Rashid Masharaoui d’écrire un scénario qui, une fois lu, nous a emballés, j’ai alors foncé tête baissée tout en sachant qu’il faudra compter sur nos propres moyens.

Quel a été le rôle effectif de Cinétéléfilms?

Notre rencontre a été vraiment fructueuse car j’ai joué un vrai rôle de promoteur et de producteur en incitant le réalisateur à écrire le scénario, j’ai entamé la production avec les moyens du bord, car, à mes yeux, un vrai producteur ce n’est pas d’être un exécutif sur des films ou des séries télévisées mais d’initier des projets un peu partout, ici comme ailleurs. Plus, ce qui m’a poussé à investir financièrement dans cette production filmique, c’est l’urgence de la situation et l’impératif de proposer en 2008, 60 ans après la «Nakba», et donc de la création d’Israël en 1948, un film sur la Palestine relaté et réalisé d’un point de vue palestinien. Cela d’autant qu’on prévoyait, à cette occasion, une production massive de films israéliens. Notre souci avec Rashid Masharaoui est que la production palestinienne soit également présente.

Nous avons donc travaillé dans l’urgence afin de tourner ce long-métrage avec des moyens propres, outre une contribution de parties étrangères. L’important pour nous étant de finaliser le film et de le proposer dans plusieurs rencontres et festivals internationaux à partir de 2008. En une année, l’idée a été concrétisée et pratiquement sans aide à l’exception d’une aide, à la post-production du «Fonds-Sud», laquelle est moins importante qu’une aide à la production. Il a donc fallu non seulement un investissement à la hauteur des capacités de chacun des coproducteurs mais aussi une structure et une exécution de la production optimisées afin de réduire les coûts sans pour autant lésiner sur les postes-clés où nous avons mis tous les moyens nécessaires.

C’est là également une nouvelle manière d’appréhender la production d’un film, au plan du coût. Aujourd’hui, quand je pense au marché assez réduit du film tunisien, ici ou ailleurs, je me dis qu’on pourrait raisonner autrement, c’est-à-dire en adaptant les coûts de production au marché. Autrement dit, des productions moins coûteuses certes, mais en plus grand nombre. En ce sens, on peut jouer sur la quantité et s’investir davantage dans le travail avec l’auteur et/ou le réalisateur en recherchant de vrais débouchés au scénario, ainsi que de vrais créneaux de financements. Tout ça afin d’optimiser l’étape la plus coûteuse de la production, qui est le tournage. Sachez que Laïla’s Birthday a été tourné à Ramallah à l’orée de 2008 avec au casting : Mohamed Bakri, Areen Omari et Nour Zoubi, ainsi que différents intervenants et techniciens tunisiens à des postes-clés dont Tarak Ben Abdallah, le directeur photo. La musique est l’œuvre de Kaïs Sellami. Quant à la post-production, elle a été entièrement réalisée en Tunisie. Tourné en haute définition (HD), le film a été kinescopé au Maroc grâce à une contribution financière marocaine du Centre marocain du cinéma (CMC).

Quelles ont été les conditions de tournage ?

D’abord des problèmes de logistique. Le réalisateur étant à Paris, il n’a pu rejoindre Ramallah qu’après de nombreuses semaines d’attente à Amman, car il devait passer par un check-point israélien situé entre la Jordanie et la Cisjordanie. Ensuite, nous avons dû faire moult acrobaties afin de faire rentrer le matériel de prise de vue en Palestine. Enfin, je désirais voir l’équipe de tournage compter plus d’un technicien tunisien, mais nous avons dû nous contenter d’un seul poste, celui de chef opérateur. Lui-même n’a pu avoir un visa israélien qu’après trois mois d’attente, d’où le report du tournage. Au final, à la fin du tournage, il fallait bien sortir les rush de la Palestine à travers le check point israélien. Ce fut une véritable aventure. Car on a dû les acheminer, séparément et par lots, grâce à des citoyens bénévoles, des Territoires occupés vers la Jordanie, puis enfin vers Paris.

Quelle carrière culturelle et commerciale prévoyez-vous pour le film?

Le film est déjà sélectionné aux festivals de Toronto, San Sébastien, Tokyo, Le Caire, Abou Dhabi, Londres, Rome film festival. Concernant les JCC, nous attendons encore une réponse. La sortie commerciale est prévue en priorité en Palestine et en Tunisie, puis espérons-le, dans d’autres pays arabes et européens, outre les diffusions à la télévision. Justement, j’ai tenu à l’apport de bailleurs de fonds tels les Hollandais et les Marocains, car au-delà des financements, ils représentent également des marchés potentiels. Chacun étant représentatif de sa contrée et de son continent. Je suis sûr que le film sera visible un peu partout à travers les festivals et les circuits commerciaux. Je suis encore sûr que Laila’s Birthday peut contribuer à casser les barrières ou du moins à provoquer quelques brèches. A preuve, il est sélectionné à Toronto, l’un des festivals les plus prestigieux au monde qui représente, de surcroît, un énorme marché. Ce qui est une véritable chance car non seulement il sera vu en compétition mais pourrait aussi être vendu et ce n’est pas fortuit que «Fortissimo film» lequel est avant tout un distributeur soit l’un des coproducteurs du film. Enfin, la conjoncture mondiale est telle aujourd’hui qu’il est encore heureux que le cinéma demeure le dernier maillon de la chaîne à pouvoir exporter l’image d’un pays à travers sa production, son savoir-faire technique et esthétique, outre l’originalité, la force et l’intelligence de son propos.

source : http://www.jetsetmagazine.net

jeudi, septembre 25 2008

Mohamed Fellag (Comédien) : « Le rire est libérateur »

Son dernier spectacle, Les Algériens sont tous des mécaniciens, carbure à plein régime, mais sur deux « roues ». L’humour, lui, est toujours déjanté.

C’est un challenge pour vous de jouer avec un coéquipier ? 
Oui, cela faisait longtemps que je n’avais pas joué avec quelqu’un. Depuis 1988/89, je fais cavalier seul et ensuite j’ai pris le pli parce que c’était plus facile à l’époque pour moi. Vous vous souvenez, on est passé d’une époque heureuse à une époque terrible et le fait de jouer seul m’a aidé à m’adapter à toutes les situations, d’être plus agile, de jouer n’importe où, sans décor, sans éclairage, en improvisant sur l’actualité du moment. J’ai eu ces derniers mois une envie de revenir au théâtre et j’ai écrit ce spectacle pour moi et Marianne Epin. Le texte a beaucoup évolué avec elle. Cet été, j’ai beaucoup travaillé dessus. On travaille sur un texte plus ramassé, plus concis. 
On a parfois l’impression de redites dans ce nouveau spectacle par rapport aux précédents ? 
On a des thèmes récurrents sur lesquels on revient souvent. Ça, c’est mon univers à moi. Ce ne sont pas des redites, mais une façon d’exprimer autrement les choses, présentées autrement. C’est ma vision d’une Algérie à moi, avec les ingrédients d’aujourd’hui. Je prends des nouvelles de choses qu’il n’y avait pas avant. Je les intègre et je m’en amuse comme s’en amusent tous les jours les Algériens. Je parle aussi beaucoup des années 80, non pas seulement parce que c’est une période que je connais mieux, mais aussi parce qu’il y a là des éléments qui déterminent le pays aujourd’hui. 
Qu’est-ce que cela apporte en tant qu’acteur et auteur de travailler avec Marianne Epin ? 
C’est une actrice formidable qui m’apporte une autre façon d’être, de réagir, de dire le texte. Ce qui change c’est qu’avant, lorsque j’étais seul, je racontais, j’étais dans la peau de plusieurs personnages. Là c’est un dialogue. Je ne joue qu’un personnage. Du coup, sa réplique, son regard, ses déplacements, sa façon de prendre à bras le corps le texte, cela me permet de jouer autrement que dans mes monologues. Ce qu’on a inventé ensemble, c’est un partage. J’ai apporté le côté adresse au public, narrateur, conteur, et elle a apporté son métier d’actrice qui campe les personnages avec force. On est plus proche du théâtre traditionnel avec elle. Cela crée une mixture, une tchaktchouka intéressante avec beaucoup d’inattendus. Je ne perds pas de vue l’improvisation à laquelle mon public est habitué, tout en mettant de l’énergie pour jouer avec elle. C’est un produit hybride. On est en harmonie et on s’amuse. 
Cela fait aussi un équilibre masculin-féminin, car jusque là vous étiez un peu le mec, dans le style ar’guez, redjla ? 
Oui, cela enlève tout le côté macho de mes personnages, ar’guez tout seul, comme ça sur scène. C’est sûr que cela équilibre. 
Et cela ne donne-t-il pas aussi du sens à l’amour par exemple, évoqué de loin dans vos spectacles précédents, particulièrement aux empêchements sociaux d’exprimer l’amour en public ? 
C’est pour ça que je dis que lorsqu’on traite des mêmes thèmes, on apporte en fait toujours du neuf. On revient d’une autre façon sur des sujets. C’est l’histoire d’un couple, mais ce n’est pas la schizophrénie d’un couple. C’est un couple qui aime la vie, qui est confronté à une société mais qui est heureux, harmonieux. Un homme et une femme ouverts, pas du tout fermés sur leur monde à deux, au contraire. 
Aujourd’hui, c’est à peu près le vingtième anniversaire de votre éclosion sur scène. L’année 1988, a été celle de vos premiers one man shows à Alger. Comment revoyez-vous cette période avec le recul ? 
Pour moi, le 5 octobre a été un bouleversement total. Je me souviens bien. J’étais sur le tournage du film Lumières de Jean-Pierre Lliedo en juillet-août. On avait fini quinze jours avant les événements. Pendant le tournage, comme on tournait pas mal de nuit, on allait dans La Casbah, on traînait dans tous les quartiers populaires de la ville, on sentait qu’il y avait une ambiance, quelque chose dans l’air, un volcan qui couvait. Moi, lorsque j’étais revenu en 1985 de mon séjour au Canada puis en France, cette année et celles qui ont suivi étaient des années heureuses. L’année 1988 a été le tsunami qui a amené toute la violence qui a suivi dans les années 90. Ce que je faisais après 88, c’était plus de la survie que du bonheur proprement dit. Avant octobre, on avait l’impression, la sensation, qu’on allait vers une société qui pouvait trouver son chemin. Ça a changé ensuite. 
Et en même temps c’est 1988 qui vous fait éclore, notamment dans cette petite salle de Riad El Feth, jusqu’à la montée du FIS. Vous jouiez d’ailleurs alors que les manifestations grondaient… 
Oui, mais j’ai joué plus tard, jusqu’en 1992. J’ai arrêté en 1993, au moment où ce n’était plus possible. La situation était extrêmement dramatique et il n’y avait plus de place pour nous. Je crois que 1988 a amené la fermeture d’après. C’était un espoir d’ouverture mais en fait, c’était une fermeture annoncée. 
Dans vos spectacles et peut-être plus dans ce dernier, il y a aussi des moments où l’on n’a plus envie de rire, comme par exemple à propos des harraga ? Depuis Un bateau pour l’Australie on a évolué, c’est maintenant le radeau pour la Sicile. C’est moins drôle, non ? 
Il y avait quelque chose de prémonitoire. Comme dans tous les spectacles, il y a une part de situation surréaliste, provoquée par l’économie et la politique, et il y a aussi des moments graves avec des dénonciations, et où j’essaie de toucher les gens sur des choses qui bouleversent profondément notre société, mais avec l’humour qui compense le tragique, sinon ce serait insupportable. Le rire est libérateur. C’est un formidable moyen de dégonfler les angoisses que ce genre d’événements crée. C’est une sorte d’exorcisme. En même temps je ne suis jamais dans la moquerie ou dans le jugement primaire de ces situations là. Ce sont les situations qui font rire, jamais les personnages. Ce sont les situations qui sont ridicules, jamais les hommes ou les femmes.

Repères

Après avoir créé son spectacle à Lyon, en juin, aux Nuits de Fourvière, le comédien Fellag entame ce jeudi à Sartrouville dans la banlieue parisienne, une grande tournée en France avec pas moins de cent dates d’ici le printemps. La grande nouveauté est l’apport d’une comédienne à ses côtés, ce qui donne du relief à une pièce qui a obtenu un grand succès lors des toutes premières représentations estivales. Fellag, en bon observateur de la société algérienne qu’il a toujours été, se plait à dire que tous les Algériens sont capables de donner la solution à toute panne survenue, alors que rien ne marche.

La panne nationale est loin d’être réparée. Aux ingrédients classiques de son répertoire sur les maux de l’Algérie post-socialiste (le chômage, le « regda ou t’mangé », la crise du logement...), l’humoriste intègre sans mal des données plus actuelles, comme l’installation des Chinois dans un pays jusque-là fermé, ou encore la question des Chrétiens. Dans ce nouveau spectacle, il entretient l’idée de « l’utilisation systématique de l’humour noir par ses concitoyens pour ‘‘graisser’’ les rouages de l’espoir et de l’équilibre psychologique qui ont trop souvent tendance à se rouiller ». On rit de bon cœur, sauf que cet humour ravageur dure depuis plus de 20 ans, qu’il pèse malgré tout un peu, et on se demande quand on pourra s’esclaffer d’être enfin sortis du cambouis. Apparemment, ce n’est pas demain la veille. Alors, autant rigoler un bon coup, quitte à en pleurer aussitôt après.

Pour rappel, Fellag est né en 1950 dans un village proche d’Azzeffoun, Après ses études à l’Institut national d’art dramatique de Bordj El Kiffan, de 1968 à 1972, il a évolué dans différents théâtres régionaux. De 1978 à 1981, il s’installe au Canada, puis en France pendant trois ans. En 1985, il rentre en Algérie et réintègre le TNA, en tant que comédien et metteur en scène. À partir de 1987, il crée ses premiers one man shows et crée Tchop, premier personnage décapant qui se moque avec une réserve encore timide, des travers de l’Algérie. Il sera après l’ouverture de 1988 plusieurs semaines, seul sur scène, à Riad El Feth, avec des thématiques plus politiques et accrocheuses. Son spectacle est même diffusé à la télévision. Après les événements de 1991 et 1992, il occupe encore la scène malgré tout. Mais en 1994, il s’exile de nouveau, en Tunisie, puis en France où il crée trois spectacles : Djurdjurassic Bled, Un Bateau pour l’Australie et Le Dernier chameau.

Fellag est aussi écrivain. Il a publié trois recueils de nouvelles et deux romans : Rue des Petites Daurades (2001) et L’Allumeur de rêves berbères (2007) aux éditions J.C. Lattès. Prix de la révélation théâtrale de l’année, attribué en 1998 par Le Syndicat professionnel de la critique dramatique et Syndicale, pour Djurdjurassic Park. Prix de l’Humour noir pour Un Bateau pour l’Australie. Prix Raymond Devos pour la langue française (2003). Prix de la Francophonie. SACD (2003).

Par Walid Mebarek source Alwatan

ENTRETIEN AVEC HACHEMI ASSAD commissaire du Festival culturel international du film amazigh

«Le slogan de notre festival, cette année, est «pour une libre circulation des idées par le mot et par l’image», qui s’identifie à l’article constitutif de l’Unesco.

Le commissaire du Festival culturel international du film amazigh nous dévoile ici un pan du programme de la prochaine édition qui se tiendra du 12 au 15 janvier à Sidi Bel Abbès.

L’Expression: Pourriez-vous, M.Assad, nous parler de la prochaine édition du Festival du film amazigh? Hachemi Assad: L’édition prochaine se déroulera à Sidi Bel Abbès. Les meilleures conditions sont réunies pour l’accueil des participants. Cette région a déjà accueilli deux autres événements, le Festival de danses populaires et le Festival national du raï. Je pense que l’environnement est favorable. On prépare sereinement l’édition de 2009. On a fait un travail de prospection, il y a de cela quelques mois. Trois sites sont retenus. Celui de la cinémathèque, qui a été rénové en mai 2008. Comme infrastructure, c’est un bijou. Elle a été équipée en projecteur 35mm. Elle a deux salles et l’essentiel de l’activité du Festival s’y tiendra. Il y a bien sûr des activités annexes, notamment des projections hors compétition, au niveau de la Maison de la culture, équipée d’une salle qui peut contenir jusqu’à 300 personnes. D’autres activités sont au programme au niveau de la résidence des artistes. Les Instituts des beaux-arts et de musique. L’appel à participation a été lancé pour les films en compétition et pour le concours de scénarii. Pour ce faire, on a institué un petit comité. Sur la base d’un ensemble de propositions, on va en retenir 6 pour Sidi Bel Abbès. On va en primer deux à la cérémonie de clôture. On a pris l’engagement de faire le suivi de ces deux cinéastes et de les soutenir dans leur formation. Les deux de l’an dernier seront pris en charge en novembre prochain durant 15 jours pendant les journées cinématographiques de Carthage. Il s’agit de Djebour Abdelmajid et Iksil Moula. Chaque année, on consacrera un regard sur un cinéma. Cette année, c’est l’Iran. Le travail a été entamé depuis l’édition dernière. Nous avons comme partenaire, le Festival de cinéma qui est connu à Téhéran. Nous avons pu faire notre sélection dans les temps, avec des grands films primés, y compris à Cannes. Nous avons retenu 11 films iraniens récents sous-titrés en français. Le point fort de cette édition est la présence de leur réalisateur. Une forte délégation iranienne sera présente à Sidi Bel Abbès. La perspective, bien sûr, est de concrétiser un prêt de partenariat comme on a fait avec les Irlandais. Aussi, cette année il n’y aura pas de colloque mais des séminaires sous forme de tables rondes thématiques dont le premier intitulé «Cinéma et musique», en présence de spécialistes et compositeurs, qui ont donc un capital-expérience en la matière. Le deuxième séminaire, «La presse et le cinéma», dans l’idée de relancer l’Association nationale de la critique cinématographique. On va aussi zoomer sur les romans adaptés à l’écran, algériens et étrangers. Bien sûr, un festival, c’est la présence de personnalités, on laissera cela pour la conférence de presse y compris pour la composante du jury.

A quelle date le festival se tiendra-t-il? Du 12 au 15 janvier. Avec une journée de moins puisque cette année, il n y aura pas de formation dans le cadre du Festival. Cette décision a été prise par le comité directeur du festival. Les ateliers de formation se tiendront en dehors de l’événement. Avant et après pour assurer un bon suivi et se concentrer sur la réussite du festival. Comme on a fait avec l’édition du festival où l’on a organisé une regroupement à l’Ismas. On compte renouveler cette expérience en s’investissant sur un autre groupe. Les stagiaires, qui auront donné satisfaction, peuvent être récupérés et faire partie de l’organisation de la prochaine édition du festival.

Qu’en est-il de la Turquie? Le célèbre auteur et critique turc, Gursel Nedim sera parmi nous. Nous avons son film et son roman qui a été adapté à l’écran. Nous aurons aussi la réalisatrice qui va présenter son film. A cette occasion, cet éminent auteur va faire une vente-dédicace. Selon moi, le slogan de notre festival, cette année, est très chargé de sens. Il s’agit de «Pour une libre circulation des idées par le mot et par l’image» qui s’identifie au contenu de l’article constitutif de l’Unesco. Il sera à l’ouverture précédé d’une conférence pour expliquer les tenants et aboutissants de ce slogan. Une conférence qui sera animée par notre amie Danielle Maouche.

Qui sont les invités d’honneur? L’invité d’honneur, c’est le Liban, mais il y aura des têtes d’affiche bien entendu. Il y aura un invité d’honneur et un parrain du festival. Les noms seront divulgués au cours de la conférence de presse.

Peut-on connaître ces nouveautés et le budget alloué à ce festival? Je pense qu’on mérite un budget plus conséquent, eu égard à l’effort à fournir et à l’envergure de cet événement. Cette année c’est le même budget qui est reconduit, c’est-à-dire entre 7 à 8 millions de dinars, plus le passif de l’édition de Sétif. Je pense que c’est insuffisant. Cela ne nous décourage pas de mettre toujours la barre plus haut en misant sur la forte participation de nos professionnels et en encourageant aussi nos jeunes amateurs à émerger. Le festival sera caractérisé par plusieurs nouveautés dont la mise en place de portes ouvertes sur la production télévisuelle algérienne.

Propos recueillis par O. HIND

L'Expression

Le long métrage ''Adieu Mères'' de Mohamed Ismail va être présenté pour concourir au ''Prix de l'Académie des arts et sciences du cinéma''

Le film marocain "Adieu Mères" du réalisateur Mohamed Ismail, qui est sorti dans les salles nationales au mois de février 2008, "a été choisi, lundi, pour concourir aux oscars 2009 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère", indique un communiqué du centre cinématographique marocain (CCM) parvenu, mardi, à la MAP.

"Une commission, réunissant des professionnels et des critiques de cinéma, s'est réunie, lundi au centre cinématographique marocain à Rabat", et "a choisi le film Adieu Mères de Mohamed Ismail, conformément aux critères établis par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, précise le communiqué.

Les Prix de l'Académie des arts et sciences du cinéma (Academy of Motion Picture Arts and Sciences), plus connus sous leur surnom d'Oscars (nom donné à la statuette récompensant les lauréats) récompensent chaque année, depuis 1928, les meilleurs films sortis aux Etats-Unis ainsi qu'un éventail des meilleurs professionnels du cinéma dans diverses catégories.

Le film met en scène deux associés dans une scierie, Brahim (musulman) et Henry (juif) qui sont liés par une très forte amitié depuis leur plus tendre enfance. Leurs épouses respectives, Fatima et Ruth, sont également attachées l'une à l'autre et travaillent ensemble dans un même bureau d'assurances. Fatima, ne pouvant pas avoir d'enfant, porte une affection sincère aux deux enfants de Ruth qu'elle considère comme siens.

"En somme, souligne Mohamed Ismail, le but poursuivi par ce film, hymne à la paix, est de prouver combien les actions généreuses vis-à-vis d'autrui, entraide et solidarité, constituent la mission principale dont chacun doit prendre conscience".

A travers ce film, qui dépeint une atmosphère exemplaire d'amour du prochain sans aucune discrimination, face aux aléas de la vie, nous voulons transmettre ce message que chacun nourrit au plus profond de soi : l'espoir de voir un jour le loup et l'agneau+ réunis paisiblement au bord d'un lac, a-t-il dit.

Le réalisateur de Adieu Mères a fait appel à des comédiens marocains et étrangers de renom, entre autres, Marc Samuel, Rachid El Wali, Souad Hamidou, Hafida Kassoui, Rachel Huet et Nezha Regragui.

MAP

'Gad' signifie 'joie' en hébreu,

'Gad' signifie 'joie' en hébreu, un nom prédestiné pour l'humoriste qui apporte tant de bonheur à son public. A 16 ans, Gad Elmaleh quitte son Maroc natal et sa petite famille pour Montréal. Il débute dans divers domaines : radio, télévision, cabarets. En 1992, il arrive à Paris, après un passage au cours Florent, et fait ses premiers pas sur scène dans 'Les Libertins' en tant que figurant. Quelques années plus tard a lieu son premier spectacle "Décalages" à Montréal, qu'il joue ensuite au Maroc puis à Paris. Il apparaît alors au cinéma notamment dans "Salut cousin", "Vive la République", "L'homme est une femme comme les autres". Puis, il revient sur les planches dans "Tout contre" en 1999, et poursuit avec son nouveau spectacle "La Vie normale" qui récolte un accueil chaleureux et justifié. Son troisième one-man show, "L'Autre, c'est moi", est un franc succès, en Belgique aussi. Il est maître de cérémonie aux Césars en 2004 et en 2005. Pour ce qui est de sa carrière cinématographique "La Vérité si je mens 2", "Chouchou", "La Doublure" ou plus récemment "Hors de prix" en font l'un des comiques préférés des Français. En mars 2006, le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres l'a élevé au rang de chevalier dans l'Ordre des Arts.




source :netevents.

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